Malgré la fatigue et la décompression, les Bleus se sont imposés, hier, face à la Norvège (23-28) au terme d'une rencontre disputée. Qualifiée depuis samedi soir pour Pékin, l'équipe de France doit maintenant prendre du repos, et se préparer pour des Jeux où elle se présentera plus ambitieuse que jamais.
Tout Bercy s'est levé. Et les Bleus se sont sautés dans les bras. Heureux, soulagés mais aussi vidés de toutes forces après une saison pleine. Mais une saison qui n'est pas encore terminée puisqu'en août prochain, les Français se rendront à Pékin pour y disputer leurs cinquièmes Jeux d'affilé. Face à la Norvège à l'occasion du troisième match de ce TQo parisien, les jambes étaient lourdes, mais les esprits plus légers. Ce qui explique que la rencontre a, dans un premier temps, été laborieuse. « On était très mal engagé. Etant qualifiés, c'est normal que la première mi-temps ce soit passée comme ça. Maintenant, je suis content de finir sur une victoire, content d'être en vacances avant de reprendre la préparation. Parce que, même si nous nous sommes imposés, il y a encore du travail », confiait Mickaël Guigou.
Hier, on sentait, en effet, que les organismes étaient à bout, qu'il était temps que ça se termine. Malgré tout, l'équipe de France a puisé au fond d'elle-même pour achever le tournoi sur une bonne note. Et rester invaincue, depuis 2001, dans son antre de Bercy.
« On a bien géré ce tournoi »
Pendant trois jours, elle a surtout convaincu. S'est montrée solide, autoritaire face aux Tunisiens, puis brillante devant les Espagnols. Elle a, aussi, été capable de s'adapter. De travailler les systèmes défensives, de faire tourner, de peaufiner les enclenchements. « Ce groupe a grandi ensemble. Aujourd'hui, on sait gérer les moments difficiles. Et on ne s'enflamme plus dans les périodes de domination », analyse Jérôme Fernandez. Samedi, face à l'Espagne, alors qu'ils perdaient pied en début de première période, les Bleus ont, en effet, su rester calmes. Et, en se reposant sur Thierry Omeyer, ont traversé la tempête sans trop d'encombres. Hier, encore, lors du match contre les Scandinaves, ils ont longtemps été dominés, menés à la marque. Avant de grignoter, petit à petit, leur retard. Sereinement. Et, finalement, il n'aurait pas pu en être autrement. Cette troupe méritait de faire partie des douze nations qui se disputeront le titre suprême. Et elle l'a prouvée, une fois de plus.
« C'est vrai qu'on a bien géré ce tournoi. Maintenant, les Jeux, c'est encore autre chose, promet Nikola Karabatic. C'est dans longtemps. On a d'abord trois semaines de vacances. Je n'ai pas du tout envie de penser aux Jeux maintenant. Pas envie, non plus, de repenser à ceux de 2004. Même s'ils sont restés longtemps dans les têtes. » Depuis Barcelone et la médaille de bronze, les Bleus n'ont jamais été heureux lors du rendez-vous olympique. « Mais on apprend à surmonter ces moments, ça nous rend surtout plus forts, assure l'arrière de Kiel. Il y a tellement d'autres matches, tellement d'autres opportunités à vivre... » Et celle qui s'offre à l'équipe de France dans quelques semaines, sera, certainement, l'une des plus belles...